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Eco - consommation de l’eau dans la maison

La vision officielle actuelle de la gestion de l'eau

Elle est déterminée par les experts des sociétés distributrices. Suivant cette vision, la totalité de la gestion doit être centralisée et confiée aux techniciens des sociétés. On justifie cette option par la garantie de qualité et la sécurité par les contrôles régulières au niveau de la qualité de l'eau distribuée. Dans le meilleur des cas, on admet la valorisation de l'eau de pluie uniquement:

La vision classique implique la consommation d'eau rendue potable pour tous les usages dans la maison.

La gestion durable de l'eau [1]

Le premier principe de la gestion durable est d'adapter la qualité de l'eau utilisée aux usages. Nous n'avons besoin que de 3 à 5 litres d'eau de qualité potable par jour par personne. C'est pour la boisson directe et pour la préparation du café, des tisanes et de la cuisson des aliments. Pour tous les autres usages, la qualité "potable" n'est absolument pas indispensable. Une qualité "inoffensive" convient parfaitement. L'absorption accidentelle en petites quantités d'une telle eau ne porte pas préjudice à la santé. Par contre, pour certains usages, comme vaisselle, lessive ou l'hygiène personnelle une eau naturellement douce, comme l'eau de pluie convient mieux que l'eau de ville souvent dure (contenant du calcaire). 

Le deuxième principe de la gestion durable est la mise en place d'une législation qui place sur pied d'égalité toutes les ressources en eau disponibles: eau de distribution, sources, puits, pluie. Actuellement la distribution d'eau potable est un monopole de quelques sociétés privées qui font la loi en matière de gestion (non durable) de l'eau. C'est ainsi qu'aux mépris des données analytiques connues, l'usage de l'eau de pluie est déclaré d'autorité "dangereux".

Dans la pratique actuelle, pour la gestion durable de l’eau dans la maison, nous jouons sur deux tableaux: les économies d’eau et la diminution de la pollution à la source.

Les mesures que chacun peut prendre en ce sens dans sa vie quotidienne ont des impacts divers. Le choix d’un produit «vert» pour faire sa lessive aura un impact à peine mesurable sur la qualité de nos rivières. A l’autre extrémité se trouve le passage à une toilette sèche par la suppression de son W-C à chasse. Il n’est pas exagéré de dire que cette dernière mesure évacue la presque totalité de nos problèmes d’eaux usées domestiques et les grosses dépenses collectives qui s’y rattachent. Quoi qu’il en soit, des petits gestes répétés tous les jours par des millions de personnes ont des répercussions considérables.

Si l’objectif est la protection de l’environnement, le cadre et les limites pour la démarche en ce sens est donné par la législation. Il serait donc souhaitable de réorienter la politique del’eau et adapter la législation pour encourager les initiatives individuelles pour la réduction de la pollution à la source. La législation européenne actuelle relative à la gestion de l'eau va dans le sens opposé. On peut en dire autant de celle des états membres.   

Faut-il économiser l’eau?

Lorsqu’il faut sensibiliser le public aux problèmes de l’eau, les autorités centrent leur action sur les économie  [1] . Cette démarche n’a de sens que dans le contexte actuel de gestion centralisée de nos ressources hydriques. Dès le moment où l’objectif n’est plus la sauvegarde d’un monopole, celui de la distribution d'eau potable, mais la gestion durable, on peut aisément montrer que la gestion décentralisée pose ce problème d’une manière totalement différente.

Il y a d’abord les économies de bouts de chandelles dont la description se trouve dans les publications des administrations communales, régionales et de nombreuses associations de consommateurs.

Un document typique de la promotion de démarches peu efficaces pour la gestion de l’eau est le livret du WWF intitulé Vivons l’eau, guide pratique pour une utilisation rationnelle de l’eau. Contact: WWF-Belgique asbl, 90, Boulevard Emile Jacquemin, B-1000 Bruxelles – Belgique, Courriel: info@wwf.be

Après lecture attentive du contenu de ce site et après s’en être imprégné, j’invite le lecteur à analyser d’une manière critique le document en question.

Ce n’est pas un hasard que l’édition de ce livret haut en couleur a bénéficié de l’appui total des instances officielles. Son contenu se trouve dans la lignée de la politique de l’eau-marchandise. La mise en place des techniques décrites dans le présent site auraient des impacts autrement plus importants sur la sauvegarde de l’eau que celles du WWF, mais leur application gêne la conjonction d’intérêts financiers, économiques et politiques pour laquelle l’eau est un moyen de profit et une source de pouvoir.

Un autre document caractérisant bien la politique officielle de l’eau émane aussi du WWF: Guide pratique pour une gestion intégrée de l’eau au niveau local. Il s’agit d’un livret édité en mars 2003 avec le soutien de la Commission européenne à l’intention des autorités locales de la Région wallonne. Je cite la lettre accompagnant ce livret:

«Concrètement, la conception de ce manuel s’inscrit dans un vaste projet, développé par WWF-Belgique et WWF-Grèce. Ce projet a pour objectif d’assurer une bonne implémentation [2] de la nouvelle Directive-cadre européenne sur l’eau au niveau des autorités locales. Il sera envoyé gratuitement à toutes les personnes impliquées dans la gestion de l’eau au niveau communal (échevin, éco-conseiller, etc.).»

L’analyse de la partie concernant les mesures à prendre au niveau des habitations se trouve à la page de la politique officielle de l’eau.

Les sociétés de distribution d’eau elles-mêmes recommandent ces mesures, car elles ne mettent pas en péril leur chiffre d’affaires.

Il faut savoir qu’avec la législation en vigueur, la réduction de la consommation d’eau est un acte en fait incivique: moins on consomme d’eau, moins on paye de taxes pour financer l’épuration, tout en rejetant ses eaux sales dans les égouts. (Voir à ce sujet les pages Incivique et antisocial ). On réduit donc sa participation à l’effort collectif d’épuration. A la limite, si l’on n’utilise que de l’eau de pluie, on ne paye plus de taxe pour l’eau pure [3].

        D’un autre côté, le bon sens – et aussi l’intérêt de notre porte-monnaie – nous dicterait d’économiser nos ressources en eau. A chacun de concilier conscience écologique et sens civique.

Les économies d’eau préconisées par les instances officielles n’ont évidemment un sens que dans le cas de l’utilisation de l’eau de ville ou  celle d’un puits, car elles diminuent la pression sur nos ressources. Si vous utilisez l’eau de pluie d’une manière intelligente [4], les données sont différentes: vous ne faites que dévier l’eau de ruissellement du toit pour votre usage, avant de la restituer au sol qui est sa destination logique.

Si vous utilisez l’eau de pluie dans une maison avec un grand toit, que vous soyez économe ou pas, cela n’a d’incidence ni sur votre porte-monnaie, ni sur l’environnement. Ceux qui n’ont qu’un petit toit économiseront l’eau pour ne pas tomber à sec trop rapidement.

Les économies de bouts de chandelles

C'est ce qu'on lit dans le publications officielles (régionales, communales) et aussi dans celles de la plupart des organisations de défense de l'environnement. Ces mesures n'ont qu'un impact très limité sur la gestion de l'eau à plus grande échelle. Elles ne servent qu'à donner bonne conscience à ceux qui refusent ou ne souhaitent pas envisager le fond du problème.

- Fermer le robinet pendant qu’on se brosse les dents. Faire de même sous la douche pendant qu’on se savonne.

- Préférer une douche rapide à un grand bain.

- S’équiper d’un pommeau de douche à économie d’eau (vendu dans le commerce et vraiment peu commode à l’usage).

- Placer une brique dans la cuve de la chasse du W-C ou, encore mieux, acheter une chasse économique à deux vitesses ou à vitesse contrôlable.

Economies d’eau un peu plus conséquentes

- Faire réparer les robinets et la chasse qui fuient.

- Faire la lessive et la vaisselle uniquement avec une machine remplie.

- Utiliser l’eau de son bain pour nettoyer par terre et éventuellement irriguer son jardin.

- Utiliser l'eau de son bain dans la chasse du W-C. Solution boiteuse recommandée par certains : www.grey-water.hu

Les économies substantielles

Elles ne sont recommandées ni par les administrations communales ou régionales, ni par les sociétés de distribution d’eau, afin de maintenir les recettes fiscales sur l’eau et le chiffre d’affaires.

La voie royale est l’utilisation intégrale de l’eau de pluie. A l'échelle d'une région, le volume d’eau de pluie qui tombe sur le toit des habitations équivaut à environ 80 % de l’eau consommée par les ménages. En tenant compte du fait que d’un quart à un tiers de l’eau consommée passe par les chasses des W-C, on peut se faire une idée de la réduction de la pression sur nos ressources hydriques par des ménages qui utilisent une bonne toilette sèche [5] et consomment l’eau de pluie. En Europe, chaque m² de toit apporte 500 à 1300 litres d’eau par an (en fonction de la pluviosité locale). Le lecteur peut calculer les économies potentielles. A titre d’exemple: avec une pluviosité de 800 mm/an, dans une maison de 10x10 mètres au sol disposant d’une citerne de 15 m³, on dispose théoriquement de 220 litres d’eau de pluie par jour. C’est loin d’être négligeable.

        Moyennant un groupe hydrophore (en France on l'appelle "surpresseur") et des filtres appropriés, on disposera d’eau douce de bonne qualité – y compris pour l’alimentation, si on le souhaite.

        Une autre source d’économie est le remplacement du W-C par une toilette à litière biomaîtrisée (TLB) dans les quartiers périurbains et en zones rurales. Rien que cette mesure permet d’économiser un quart à un tiers sur la facture de l’eau, sans parler de la réduction de la pollution et la régénération des écosystèmes avec le compost obtenu. Remarque imporante: le principe de la TLB est transposable dans les centres urbains aussi. Contrairement aux idées recues et largement répendues au sujet des idées que je défends, dans les villes, on peut parfaitement concevoir une gestion durable, sans devoir passer par une toilette sèche. Par contre, il faut absolument remplacer les W-C actuels par les turbo-toilettes et mettre en place un système de collect et de traitement séparés pour les eaux vannes concentrées et pour les eaux grises. 

Réduire sa pollution

Ici aussi, il y a les économies de bouts de chandelles de la pollution, mais également sa réduction substantielle, pour autant qu’on veuille aller à la source des problèmes.

Selon les spécialistes en génie sanitaire, plus on pollue, mieux la station d’épuration fonctionne – du moins avec un rendement plus élevé, sans pour autant mieux protéger l’environnement. Réduire sa pollution n’est donc pas dans l’intérêt des sociétés qui gèrent ces stations. Par conséquent, le public est incité, d'une manière subtile, à polluer afin de rentabiliser ces équipements. Ce que les épurateurs oublient d’ajouter, c’est qu’une eau plus sale à l’entrée de la station d’épuration implique une eau de moins bonne qualité à la sortie.  

Par contre, la réduction de la pollution à la source est l’intérêt de l’environnement et aussi un peu celui de son porte-monnaie. Si les performances épuratoires – imposées par la loi - des stations d’épuration sont meilleures avec beaucoup de pollution, la qualité des eaux rejetées par ces équipements s’améliore un peu si chacun réduit sa pollution. 

En attendant que le législateur fasse payer la pollution et non pas l’eau, comme elle le fait actuellement, la réduction de la pollution est à la discrétion du public et dépend de sa bonne volonté. A ce sujet, lire aussi les pages Pollueur-payeur .

Pollution :

Les économies de bouts de chandelles

Suivant les recommandations courantes des associations de consommateurs et aussi des administrations régionales, vous pouvez suivre les conseils du genre:

- Lavez votre linge à machine pleine, en utilisant le minimum de poudre à lessiver.

- Utilisez les produits «écologiques» ou «verts» pour les lessives et les vaisselles.

- Réduisez l’usage de ces produits en installant un adoucisseur d’eau. (Que dire alors de la pollution générée par les sels pour régénérer ces installations, sans parler de la pollution lors de leur fabrication?)

Les économies substantielles

On peut aller beaucoup plus loin dans la démarche pour réduire la pollution. En effet, il est possible de réduire à zéro la part de chacun dans la pollution des eaux, tout en réalisant des économies substantielles lors de l’installation du système d’assainissement. Ici, c’est la loi qui imposera ses limites: les installations à pollution zéro (traitement sélectif des eaux savonneuses + la toilette à litière) sont interdites en zone à épuration collective, ce qui représente en Belgique au moins quatre cinquièmes des habitations. 

Cette situation légale pose un dilemme aux plus motivés pour la protection de l’environnement: faut-il respecter la loi au prix de l’abandon d’une technique plus efficace? Dans les faits, la loi interdit au citoyen motivé de ne pas polluer les eaux.

L’utilisation intégrale de l’eau de pluie réduit d’une façon drastique la pollution des eaux. La douceur naturelle de cette eau permet la réduction de la consommation des savons, poudres à lessiver, liquide vaisselle, etc. Dans certains cas (utilisation d'eau dure), cette réduction peut atteindre 80%. Par la même occasion, l’achat d’un adoucisseur d’eau devient inutile. Du même coup, ses frais de fonctionnement et la pollution saline qu’il rejette disparaissent. L’absence de calcaire dans l’eau prolonge la vie des appareils ménagers et aussi celle des robinets: remplacement plus espacé = moins de pollution.

Nos lessives et l’environnement

Utiliser l’eau de pluie permet donc de réduire la pollution. Par une réflexion sur le concept même de la propreté corporelle et vestimentaire, il est encore possible de la réduire. Il n’y a pas de miracle dans la nature: plus nous nous lavons nos vêtements, plus nous polluons l’eau. Un certain type de propreté a un poids environnemental important. Entre la tenue sale et la propreté obsessionnelle, il convient de trouver le chemin qui protège au mieux notre environnement et préserve notre santé et notre bien-être.  

La machine à lessiver est un robot utile qui a libéré les ménagères d’une tâche harassante et contraignante. Il y a moins d’un siècle, la lessive mensuelle prenait deux journées de travail vraiment peu agréable, sans parler du repassage au fer qui fonctionnait au charbon de bois.

L’apparition du lave-linge et du fer à repasser électrique a été une véritable révolution et a grandement contribué à l’émancipation de la femme. Elle a également amélioré la tenue vestimentaire de l’homme moyen. Le revers de la médaille est la pollution générée au niveau des rivières et l’augmentation importante de la demande  en énergie électrique.

La peur obsessionnelle des microbes et des saletés conduit malheureusement à un dérapage qui pèse lourd dans la pollution des eaux. L’industrie pharmaceutique et les savonniers entretiennent cette peur par d’habiles campagnes publicitaires. La pollution n’est évidemment pas leur problème, d’autant plus qu’une autre branche industrielle s’enrichit de la pollution en épurant les eaux. Sans une prise de conscience du public, nous nous acheminons vers un monde super pollué et super dépollué, où les dépenses deviennent insupportables pour une proportion croissante de la population. La dégradation de l'environnement est à la clé dans cette démarche.

Nous pouvons cependant diminuer d’une manière substantielle notre part dans la pollution des rivières moyennant quelques mesures simples et peu contraignantes. A chacun de trouver le bon compromis entre la propreté obsessionnelle et le manque d'hygiène.

Précisons que le parfum qui caractérise si bien la grande majorité des poudres à lessiver traverse les stations d’épuration et aboutissent dans les rivières où les poissons s’en passeraient bien. Certains parfums synthétiques contenus dans les poudres à lessiver perturbent la vie sexuelle des poissons. Heureusement, on vend encore (de moins en moins) des poudres peu parfumées avec des parfums naturels moins perturbants pour la vie aquatique [6] . 

Evitons autant que possible le recours aux produits qui «adoucissent» le linge ainsi qu’aux lessives contenant des azurants optiques qui donnent une impression de blancheur éclatante, même si, en fait, le linge n’est pas tout à fait propre. Ces produits traversent aussi les stations d’épuration et sont très polluants.

Remarque:

La qualité écologique des produits de lessive, de vaisselle, d'hygiène personnelle et d'entretien n'ont un impact environnemental que dans la mesure où les eaux épurées sont rejetées dans un cours d'eau ou de lac. Dès le moment où les eaux épurées sont correctement infiltrées dans le sol, l'impact environnemental des produits en question est nul; même ceux fabriqués à partir des produits pétroliers.

Eau potable et pollution

Le bon choix pour son eau potable réduit aussi la pollution. Acheter son eau minérale amène une pollution non négligeable par le rejet dans la poubelle des bouteilles en plastique. Acheter son eau en bouteille consignée est peut-être mieux, bien qu’il reste encore les dépenses d’énergie pour le transport, les manutentions et la pollution lors du lavage des vidanges. Les bouteilles consignées pour l’eau ne constituent pas du tout une protection efficace de l’environnement, mais elles donnent bonne conscience. 

Boire l’eau de ville réduit aussi la pollution, mais il appartient à chacun d’en apprécier la qualité. Il est préférable de s’informer quant aux effets de la chloration sur la santé à long terme. Contacter à ce sujet l’Association de Bio-Electronique A.B.E. 22bis, rue Ernest Renan F-49500 SEGRÉ – France, Tél.: 0033.2.41.92.13, site : http://www.bevincent.com/ . Lire aussi les pages Le chlore et l’eau . Quand on n’a que l’eau de distribution et qu’on souhaite une eau alimentaire de haute qualité, on peut acheter un appareil à osmose inverse. La pression sur l’environnement sera faible. En tout cas beaucoup plus faible qu’en utilisant des cartouches jetables pour la filtration ou en achetant de l’eau en bouteilles. De plus, l’eau osmosée coûte moins cher que l’eau en bouteilles ou l’eau filtrée avec des cartouches, pour une qualité de loin supérieure dans la majorité des cas. L’achat d’un osmoseur (coûte entre 400 et 800 € [7] ) est vite amorti.

Pollution et prix minimaux pour une qualité maximale sont assurés par la potabilisation domestique de l’eau de pluie. C’est même l’utilisation la plus rationnelle et de loin la plus rentable de cette ressource. Même si on ne dispose que d’une petite citerne (moins de 1 m³), comme dans les centres urbains, l’achat d’un système de potabilisation par microfiltration (coût entre 300 et 400 €) est amorti en moins de deux ans, par comparaison avec les eaux en bouteilles à qualité égale. Lire aussi les pages Rendre potable l’eau de pluie .  Dans ce cas, la pollution se réduit à la fabrication et au rejet des éléments de filtration. C’est beaucoup moins que le rejets des bouteilles de plastique et la pollution générée par le transport des eaux minérales.

Pour continuer la lecture, aller à la page Gérer son eau

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 [1] La démarche officielle, même en ce sens, est incohérente. On recommande au public d’économiser l’eau, mais on «oublie» la récupération de l’eau de pluie. Pour voir un bel exemple de cette démarche incohérente, cliquer ici .

Depuis mes interventions à la Commission des Eaux de la Région wallonne à partir des années '80, il a fallu attendre plus de 25 ans avant que certains spécialistes commencent à découvrir ce que je disais et écrivais pendant des années, sans la moindre audience. Même en 2000, lors des Journées Information Eau à Poitiers, plusieurs collègues me prenaient pour un fou illuminé. Probablement ous la pression des faits, les idées justes finissent par s'imposer.  En janvier 2009 Le monde dimplomatique a publié un article sur "Les nouveaux paradigmes de l'eau" . Dans cet article, l'auteur révèle que les deux clefs de la gestion durable de l'eau sont "la toilette sans eau" et "l'eau hygiénique au robinet". C'est une autre façon d'appeler "l'eau de qualité inoffensive" que j'ai définie il y a près de 30 ans. Je ne puis que me réjouir de cette redécouverte de mes idées. Incontestablement, c'est un pas dans la bonne direction, mais les scientifiques qu'on écoute ont encore du chemin à parcourir jusqu'à assimiler les idées développées sur le site EAUTARCIE qu'ils présenteront alors comme des grandes nouveautés. A quand donc la grande (re)découverte "des nouveaux paradigmes de l'épuration des eaux" ? Combien de temps faut-il encore attendre pour qu'on découvre que l'épuration telle qu'on la pratique (qu'on impose même) actuellement est une nuisance majeure environnementale? Combien de milliards d'euros (ou dollars) faut-il encore dépenser pour mettre en place ces installations qui transforment une matière organique précieuse - la charge polluante des eaux urbaines - en pollution par les nitrates et des phosphates? Combien de temps faudrait-il jusqu'à la (re)découvrente des relations qui existent entre la gestion de la biomasse et celle de l'eau? Quand  comprendra-t-on enfin que nous avons en mains les clefs de la maîtrise des changements climatiques pour autant qu'on admette les techniques (actuellement maudites) de restauration des écosystèmes dégradés dans le monde? Dans ma correspondance abondante, je reçois encore régulièrement des attaques virulentes de la part des collègues scientifiques à l'encontre des idées que je défends. De la part de ceux qui détiennent la possibilité de conseiller les hommes politiques, pour aller finalement vers un monde durable, peut-on espérer un jour l'abandon de cette démarche à reculons, à corps défendant? 

[2] «implémentation» est un mot emprunté de l’anglais qui signifie en français «mise en œuvre».

[3] Nous sommes loin des recommandations de l’Arrêté du Gouvernement wallon du 10 août 1978 instituant l’octroi d’une prime pour favoriser l’approvisionnement des habitations en eau de pluie. Il est instructif de lire le rapport fait au nom de la Commission de la Santé Publique, de la Famille et de l’Environnement par Madame Tyberghen-Vandenbussche à ce sujet le 16 mai 1978. Dans ce rapport on lit: « Après avoir parcouru le rapport sur les prévision de la consommation d’eau jusqu’en 1990, votre rapporteur constate que les estimations indiquent une forte augmentation de la consommation d’eau et une menace de pénurie d’eau. On constate que de grandes quantités d’eau potable sont utilisées pour couvir les besoins ménagers pour lesquels il suffirait de se servir d’eau de pluie ou d’eau de moindre qualité; en conséquence, les problèmes de l’approvisionnement en eau pourrait être résolu partiellement par la rationalisation de la consommation. On peut donc considérer que la récupération et la consommation d’eau de pluie par les particuliers apporte une solution partielle qui serait de nature à réduire l’utilisation de l’eau de distribution par les ménages. Les besoins en eau que doivent satistaire les sociétés distributrices seraient considérablement réduits, ce dont profiterait l’ensemble de la population.  Il est dès lors logique d’encourager la récupération d’eau de pluie et il s’indique donc, selon votre rapporteur, de prévoir une intervention dans le coût de placement d’une installation de captage d’eau de pluie. …Les frais de cette installation sont amortis en quelques années, étant donné le coût de l’eau.» Il faut préciser qu’en 1978 on n’envisagait pas encore le financement de l’épuration par une taxe prélevée à la consommation d’eau de ville.  

[4] C’est-à-dire en infiltrant vos eaux usées dans le sol après traitement.

[5] Les toilettes sèches dites «scandinaves» dont le principe est de séparer l’urine de la matière fécale sont à peine moins polluantes que les W-C à chasse. Elles ont le mérite de ne pas consommer d’eau. La toilette à litière biomaîtrisée ou TLB constitue la troisième génération des toilettes sèches. Son usage réduit la pollution par l’azote à une valeur proche du zéro. Lire aussi les pages Utiliser une toilette sèche .

[6] En Belgique, à ce sujet, voir entre autres les produits ECOVER et BIOTOP (publicité gratuite!)

[7] Lorsqu’un commerçant propose un système à osmose inverse pour plus de 800 €, renseignez-vous auprès des autres fournisseurs de matériel analogue. L’élément essentiel, la membrane de filtration, provient de la même usine pour la majorité des fournisseurs. Il n’y a que l’habillage de l’appareil qui diffère. Choisissez le fournisseur de votre région qui garantit un service après-vente sérieux.

De nombreuses connaissances m’ont signalé que les systèmes de filtration et les citernes à eau de pluie coûtent 30 à 50% plus cher en France qu’en Belgique. Avant d’entreprendre les travaux d’aménagement pour le système EAUTARCIE, il est intéressant de faire un tour en Belgique au Salon Valériane, organisé par Nature & Progrès qui a lieu chaque année durant le premier W-E du mois de septembre à Namur. Contact: Marc Fichers tél.: 0032.81.32.30.52 ou 0032.81.30.36.90

Courriel: natpro.marcfichers@skynet.be

Un autre salon qui se tient en Belgique à Namur est le Salon de l’Eau des Amis de la Terre. Il a lieu en avril de chaque année.  Contact:  Amis de la Terre, tél.: 0032.81.40.14.78, Courriel:ter-amikaro@tiscalinet.be

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