Comme je l'ai signalé dans le chapitre précédent, les considérations développées ci-dessous doivent être lues avec esprit critique. Elles ont pour but de susciter un débat scientifique et public sur le sujet.
Lorsque l’eau est distribuée par réseau, afin de garantir sa pureté microbienne, l’usage d’un désinfectant chimique comme le chlore semble être incontournable. Les bactéries et les autres micro-organismes se développent spontanément dans l’eau. Elles se fixent sur les parois des tuyaux et des réservoirs de stockage. L’écrasante majorité de ces bactéries sont inoffensives pour l’homme. Une petite partie appartient aux mêmes espèces que celles qui sont présentes en masse dans le corps des personnes atteintes de certaines maladies infectieuses. On fait donc rapidement la relation de cause à effet entre l’absorption d’une eau contenant ces bactéries réputées pathogènes et l’apparition de maladies infectieuses. Cette corrélation est loin d’être aussi simple.
De nombreuses observations prouvent que l’absorption, même en quantités considérables, de ces bactéries n’entraîne pas nécessairement la maladie, de même que la maladie peut apparaître sans être précédée de l’absorption d’une eau suspecte de contamination. L’apparition d’une maladie infectieuse est un phénomène qui est le résultat de la conjonction de plusieurs facteurs extérieurs et intérieurs à l’organisme. Nous pensons que contrairement aux idées reçues, le facteur prédominant n’est pas la qualité de l’eau consommée, mais l’état général du système immunitaire de l’individu.
Le principe de précaution nous dicterait cependant qu’il vaut mieux consommer une eau qui ne contient pas ces bactéries. C’est l’origine de la conception pasteurienne de l’hygiène qui postule que dès le moment où les bactéries ont été éliminées de l’eau – par désinfection chimique par exemple – tout va bien. En allant jusqu’au bout de cette idée, on s’efforcera de tuer, à l’aide de biocides (substances qui tuent la vie) tout ce qui vit dans l’eau. C’est la justification de l’usage du chlore, mais aussi celui des lampes UV. Suivant cette vision, le chlore est un produit d’hygiène. En réalité, le chlore est un biocide toxique avec de nombreux effets secondaires dont on ne parle presque jamais.
Bien que les spécialistes de l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) en soient parfaitement conscients, les effets indésirables de la désinfection chimique de l’eau destinée à la consommation n’apparaissent que peu dans les publications sur le sujet. Pourtant les spécialistes savent très bien que la décision de désinfecter ou non l’eau est basée sur une balance des risques. La chloration élimine les risques immédiats liés à la présence des bactéries pathogènes, mais on sait bien que ce faisant, on expose à long terme le consommateur à d'autres types de problèmes de santé. Malheureusement, en raison de la lenteur de l’action négative des désinfectants chimiques, il est très difficile d’établir une relation de cause à effet entre certaines maladies virales et de dégénérescence et la consommation ou l’usage (même externe) prolongé de l’eau désinfectée au chlore.
On cite souvent les composés organo-chlorés toxiques formés suite à la chloration. L’effet toxique de ces substances n’est notable qu’au cas où l’eau désinfectée contenait au départ suffisamment d'impuretés de nature organique (bactéries, matières humiques). Quand l’eau de départ contient peu de ces substances, la formation des composés organo-chlorés devient négligeable et ne présente pas un risque pour la santé. Le véritable risque se trouve ailleurs: au niveau des propriétés électrochimiques de l’eau.
La bio-électronique est une science interdisciplinaire située au carrefour de l'électrochimie, de la thermodynamique, de la biologie et de la médecine. Elle est basée sur quatre postulats. Même ceux qui ne connaissent pas la bio-électronique, finissent par observer les effets défavorables de la présence du chlore dans l'eau de boisson.
L’effet bactéricide du chlore est lié à son caractère oxydant. Lorsqu’on introduit une substance oxydante dans l’eau, celle-ci aura tendance à capter les électrons disponibles. De ce fait, elle modifie les propriétés de l’eau qui se traduit par une augmentation, bien mesurable, du potentiel électrique d’un métal inerte (comme le platine ou l’or) plongé dans l’eau. La dissolution d’un oxydant se traduit par une diminution de l’activité électronique de l’eau que l’on quantifie à l’aide d’une grandeur comme le rH2.
Il y a une grande similitude entre les réactions acide-base et oxydo-réduction dans l’eau [1] . La dissolution d’un acide augmente l’activité des protons [H+], ce qui se traduit par une diminution du pH de l’eau. Les bases, en captant les protons, diminuent l’activité protonique et augmentent le pH. La dissolution d’un réducteur augmente par contre l’activité des électrons, puisque les réducteurs sont des donneurs d’électrons. Les oxydants agissent en sens inverse. L’activité électronique est caractérisée par une grandeur analogue au pH: le rH2. Le tableau suivant résume le parallélisme entre les deux types d’échanges de particules chargées (protons, électrons).
Réactions acide-base |
Réactions oxydo-réduction |
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Echange de protons H+ |
Echange d’électrons e- |
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Activité protonique [H+] |
Activité électronique lié à l’activité d’hydrogène: [H2] |
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La mesure: pH = -log[H+] |
La mesure: rH2= -log[H2] |
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Milieu acide: pH compris entre 0 et 7 |
Milieu réducteur: rH2 entre 0 et 28 => anaérobiose |
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Milieu neutre: pH = 7 Neutralité acide-base |
Milieu indifférent: rH2 = 28 Neutralité rédox |
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Milieu basique: pH compris entre 7 et 14 |
Milieu oxydant: rH2 entre 28 et 42 => aérobiose |
Malheureusement, le rH2, grandeur aussi bien mesurable que le pH, n’est pas encore pris en considération dans l’évaluation de la qualité physico-chimique de l’eau. Pourtant, chaque type de micro-organisme (virus, bactérie, champignon) ne peut se développer qu’à une valeur donnée du pH et du rH2.
Dans la représentation graphique du rH2 en fonction du pH (ces représentations portent le nom de "diagramme de Vincent"), on peut établir une véritable cartographie de domaines d’existence de chaque bactérie et chaque virus. En-dehors de leurs domaines d'existence ces organismes meurent [2] .
D’après les publications des scientifiques qui s'occupent de bio-électronique, la plupart des bactéries responsables de maladies infectieuses se développent en milieu neutre ou légèrement basique et réducteur. Tandis que les virus préfèrent les milieux oxydants et légèrement basique. La désinfection par le chlore sera donc défavorable aux bactéries, mais créera les conditions électrochimiques favorables au développement viral. L’absorption régulière et prolongée d’une eau désinfectée, avec une activité électronique faible (rH2 élevé) modifie progressivement les propriétés rédox du sang et prépare le terrain à toute une série de maladies.
D'après les travaux de Louis-Claude Vincent, le sang d’un individu en parfaite santé a un rH2 de l’ordre de 21. Chez une personne qui prépare un cancer, le rH2 se situe au-dessus de 28. Le sang d’une personne atteinte de cancer irréversible a un rH2 au-dessus de 32 et un pH légèrement basique.
C’est exactement ces valeurs que l’on mesure aussi dans l’eau désinfectée au chlore.
Il est évident que ce n’est pas l’absorption de quelques verres d’eau désinfectée qui va provoquer la maladie. Par contre, la consommation prolongée – pendant des années – d’une telle eau appauvrit l’organisme en électrons et augmente progressivement le rH2 du sang. Des milliers d’observations cliniques montrent qu’il y a une corrélation nette entre la modification du rH2 du sang et l’apparition de certains cancers et la sensibilité aux maladies virales.
D'après ceux qui pratiquent la bio-électronique le rH2 est une grandeur importante pour caractériser la qualité d’une eau .
A mon avis, l’altération bio-électronique de notre organisme n’est pas conditionnée uniquement par l’absorption de l’eau désinfectée au chlore. D'autres facteurs peuvent l'influencer comme l'alimentation et la mode de vie. L'usage et la consommation régulière d'une eau désinfectée au chlore peut être soupçonnée de favoriser à l'ong terme une altération de la santé.
A ce point du vue, il serait sans doute souhaitable de compléter les normes légales pour l'eau potable pour en garantir l'innocuïté. C'est la raison pour laquelle plusieurs scientifiques ont proposé l'introduction de la notion de l'eau bio-compatible ou bonne à boire, en complément à la notion légale d'eau potable. Ces notion sont décrites dans les pages consacrées à l'eau bio-compatible.
Compte tenu de certains les effets de la chloration de l’eau sur la santé, on peut avoir une vision quelque peu différente de celle suggérée par les sociétés distributrices d’eau.
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[1] Lire à ce sujet les articles de Joseph Országh, Réactions d’oxydo-réduction et acido-basiques: vers une approche théorique et expérimentale plus cohérente. L’eau en tant que système rédox. Quelques aspects physico-chimiques des coordonnées bio-électroniques. Concepts de base de la bio-électronique, parus dans la revue «Sciences du Vivant» Ed. Arys (Paris) Vol.1 pages 23-34, Vol.2 pages 81-97, Vol.4 pages 45-62, Vol. 5 pages 77-87. Articles parus entre 1991 et 1994.
Les
copies de ces articles sont disponibles chez l’éditeur:
Ed. Arys, 8, rue Darwin F-75018 Paris, Tél.: 0033.1.42.59.83.60.
L'auteur peut aussi envoyer des copies de ces articles. Contact:
joseph.orszagh@skynet.be
[2] Pour approfondir le sujet, lire, entre autres, A. Fougerousse, L’approche bio-électronique de Vincent, «Sciences du Vivant» Ed. Arys, Paris, Vol.4, pages 63-79.
Le site officiel de l'Association de Bio-Electronique contient une bibliographie intéressante pour approfondir cette science. Dans cette bibliographie on trouve aussi bien des ouvrages spécialisés que ceux destinés au grand public.
Lire aussi le «Journal de Bio-Electronique Vincent, n°1 juin et n°2 décembre 1986. Ed. STEC, 10, rue Marcel Pagnol, Mozac, F-63200 RIOM, France.
Un résumé remarquable des concepts de base de la bio-électroniquemédicale se trouve dans l’ouvrage de Annette Elens-Kreuwels, Physiologie, Bioélectronique et Iridologie, Editions du Fraysse, ISBN: 2-87909-006-7
Ma contribution à la science de bio-électronique se réduit à ses aspects électrochimiques, à l'exclusion des aspects biologiques et médicaux. Dans mes publications sur le sujet, je cite parfois ces travaux pour attirer l'attention du lecteur sur les applications possibles de la bio-électroniques.
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