Les effets de l'irradiation UV de l'eau sur la santé

 Il arrive souvent que mes correspondants me posent la question de savoir sir l'irradiation par UV de l'eau potable a une influence ou non sur la santé du
 consommateur. Au lieu de répondre à chacun de mes correspondants, je donne ci-dessous mon avis personnel sur la question. Cet avis n'est pas partagé
 par la majorité des spécialistes de l'eau. Le texte qui suit a comme objectif d'apporter des éléments de réflexion dans ce débat complexe. Il appartient 
 au lecteur de s'informer d'avantage pour se faire une opinion.

 Le courant dominant de la pensée hygiéniste
 
 Le courant dominant de la pensée qui sous-tend les recherches en génie sanitaire est basé sur quelques  postulats que personne (ou presque) ne remet en
 question, à savoir:
  - La cause de la plupart des maladies est extérieure à l'organisme, on l'attribue généralement à des micro-organismes déclarés "pathogènes" et
 largement diabolisés.
  - Pour prévenir ces maladies dites "infectieuses" il suffit d'éliminer ces micro-organismes de notre entourage.
  - En tuant systématiquement ces micro-organismes, on prévient la maladie.

  L'irradiation par UV est une des techniques biocides dont l'objectif est de nous débarrasser de ce qui est supposé de nous rendre malade.

  Cette approche paraît à premier vu tout à fait rationnelle, puisqu'elle est l'application du principe de précaution. Même en cas de doute, (c'est-à-dire le
 caractère pathogène ou non l'élimination ne peut pas faire du tort.

  Il s'agit ici d'une démarche basée sur des postulats, dont la validité générale n'a jamais été démontrée. Une approche scientifique dépourvue d'idées
 préconçues ne tient compte que des faits observés en laboratoire et aussi sur le terrain d'application.

  A titre d'exemple:
  Pour établir les normes micro-biologiques pour l'eau potable, raisonnablement, il aurait fallu faire une étude épidémiologique poussée pour fixer le
 seuil de tolérance d'un humain vis-à-vis des micro-organismes incriminés. C'est d'ailleurs la démarche qui a été suivie pour déterminer la dose létale et
 la concentration admissible des substances toxiques dans l'eau destinée à la consommation humaine. Dans le cas des micro-organismes, on s'est
 contenté de décréter qu'il faut l'absence totale de bactéries de contamination fécale. Cette décision apparaît prudente, mais ses implications sont très
 graves au niveau d'approvisionnement en eau potable de la population mondiale. Cette norme, en mettant la barre très (trop) haut, exclut pratiquement
 toutes les sources d'eau potable facilement disponibles dans le monde pour la boisson. Or, en raison de l'omniprésence des micro-organismes dans notre
 entourage, on constate sur le terrain, qu'il est très rare que nous ayons de l'eau répondant aux normes dans nos verres. Même quand cette eau provient
 d'une source (eau de distribution) garantie par la loi.

  En réalité, notre système immunitaire s'est formé génétiquement pendant des dizaines de milliers de générations pour travailler en équilibre
 dynamique avec les micro-organismes pathogènes ou non qui sont omniprésents à l'intérieur de notre organisme et aussi dans notre entourage direct.
 Cet équilibre dynamique agit dans les deux sens: le système immunitaire réagit aux agents pathogènes par une série de mécanismes complexes dont 
 nous ne faisons que commencer à découvrir la nature, tandis que les micro-organismes, par rétro-action, modifient le système immunitaire pour rendre
 apte à combattre d'autres influences de nature identique ou légèrement différente. En un certain sens, le système immunitaire fonctionne comme un
 organe, comme un muscle dont la force de réaction est maintenue par des stimuli, par des exercices constants. Sans cela, deux réactions finissent par
 apparaître: l'incapacité de combattre des infections ou au contraire, vouloir combattre même des influences qui ne menacent pas notre organisme. Il
 s'agit d'une sorte de réaction comme la paranoïa. Les médecins appellent cela "allergie".

  Il ne fait pas de doute, que actuellement, entre autres facteurs, grâce à l'élimination systématique des micro-organismes décrétés "pathogènes" et aux
 interventions intempestives par des vaccins, notre système immunitaire a tendance à "s'affoler" et développer des allergies que la médecine ne maîtrise
 pas. Je ne parle même pas du développement de la sensibilité aux maladies virales.

  A ce propos, il faut savoir que les désinfectants couramment utilisés tuent les bactéries responsables des maladies infectieues que la médecine maîtrise
 en général facilement, mais créent les conditions électrochimiques idéales pour le développement virale. A ce sujet, il est instructif de prendre
 connaissance des résultats d'une branche scientifique largement mis de côté par les chercheurs, la bio-électronique médicale. Par contre, ces maladies
 (virales) ne sont pas bien maîtrisées par la médecine. La désinfection élimine donc des micro-organismes que l'on combat facilement et nous rendent
 sensibles à d'autres maladies non maîtrisées.

  C'est à ce niveau que se trouve une des failles de l'approche classique. Une autre faille apparaît par la nature aveugle de la désinfection chimique ou
 celle par irradiation. Ces techniques biocides tuent indistinctement, comme les pesticides dans l'agriculture. Elles tuent aussi les micro-organismes
 inoffensives et même ceux qui nous sont utiles, voire indispensables. La généralisation de ces techniques biocides engendre des déséquilibres de plus en
 plus graves dans notre environnement direct et plus lointain.

 La désinfection par UV

  En ce qui concerne la désinfection de l'eau potable par irradiation UV, la technique paraît aussi inoffensive, puisqu'elle ne détruit que les micro-
 organismes vivants dans l'eau. On oublie que les photons des rayons UV sont plus énergiques que ceux du rayonnement visible. En cela ce n'est pas
 grave. Seulement, il se fait que si l'eau est transparente pour toute la gamme du rayonnement visible, elle est complètement opaque par rapport aux UV.
 Ce qui signifie que la totalité des photons UV pénétrant dans l'eau y reste, elle est absorbée. Donc la totalité de l'énergie lumineuse irradiante est
 absorbée par les molécules d'eau et se transforme en énergie de mouvement intramoléculaire de vibration et de rotation. Les physiciens disent que "les
 niveaux énergétiques de vibration et de rotation des molécules d'eau sont en état excité". Dans le cas de l'eau cela se transforme par la modification
 profonde des liaisons d'hydrogène qui lient ensemble les molécules. Grâce a ces liaisons intermoléculaires des structures polymériques sont toujours
 présentes dans l'eau. Ces structures, tout en étant éphémères dans l'espace et dans le temps, leurs concentrations sont remarquablement constantes dans
 le temps. Ce sont surtout ces structures qui déterminent les propriétés biologiques du milieu aqueux. Pour être "bio-compatible" un milieu aqueux doit
 être "organisé" dans des structures polymériques faites avec les liaisons d'hydrogène. Cette organisation est assurée, entre autres, par des ions (sels
 minéraux dissous) présents dans l'eau. Elle est également modifiée par d'autres substances dissoutes. L'irradiation UV détruit ces structures et rend l'eau
 un peu semblable à l'eau distillée ou déminéralisée, dont le caractère inadéquat pour la boisson est admis par l'écrasante majorité des spécialistes.

  Jusqu'à présent, pour des raisons qui n'ont rien de scientifiques, on a toujours refusé de faire des recherches sur l'influence réelle sur la santé de la
 consommation d'eau irradiée. Ceux qui vendent du matériel d'irradiation argumentent sur le fait que la toxicité "n'est pas prouvée". Cependant, en
 France (par le CIRDAVE en Alsace) et en Espagne, des observations ont été faites sur l'effet de l'eau irradiée par des UV et aussi par les écrans de tubes
 cathodiques sur le pouvoir germinatif des grains et le développement des plantes. Les résultat sont surprenants: dans l'eau irradiée, le taux de 
 germination est beaucoup plus faible que celui dans la même eau non irradiée. Il en va de même de la conservation des plantes, fleurs coupées placées
 dans ces deux types d'eau. Un bouquet de fleur flétrit rapidement dans l'eau irradiée et se conserve plusieurs jours dans la même eau non traitée.

  Devant ces expériences, on argumente sur le fait qu'il est impossible d'extrapoler à l'homme, les résultats observés sur des plantes. C'est vrai, mais je
 pose alors la question de savoir que: en cas de doute, pourquoi ne fait-on pas des expériences sur des animaux pour prouver ou infirmer l'innocuité de
 l'eau irradiée?

  Devant ces propositions de recherches, la résistance du monde scientifique, largement téléguidé par des intérêts économiques, est considérable. Dans le
 même ordre d'idées, en tant que membre de la Commission Gouvernementale des Eaux de la Région wallonne, depuis des années j'ai demandé, réclamé
 d'entreprendre une étude épidémiologique pour prouver (ou démentir) "le caractère dangereux" de la consommation d'eau de pluie, largement proclamé
 par tous les spécialistes officiels de l'eau, sans preuves scientifiques. Une étude épidémiologique aurait apporté la preuve dans l'un ou dans l'autre sens.
 En attendant, en Belgique, depuis des années, plus de 100.000 personnes boit l'eau de pluie filtrée. Sont-elles inconscientes du danger, ou au contraire,
 elles constituent l'avant-garde de la gestion durable de l'eau potable?

  Mons (Belgique), le 30 mars 2008.

  Joseph Országh