A partir des coordonnées bio-électroniques, L-C. Vincent a mis au point une méthode de calcul pour évaluer le « niveau d’énergie stockée dans l’organisme » et celle qui est « éliminée ». A cette fin, il a appliqué les lois de l’électricité classique au potentiel rédox et à la résistivité du milieu vivant.
Nous pouvons tenter de donner une analyse thermodynamique de la quantification W de Vincent.
Tout système rédox peut être schématisé à l’aide d’une pile constituée d’une électrode normale d’hydrogène et d’une électrode contenant en solution le système rédox étudié. La force électromotrice (ou l’enthalpie libre à une constante près) de cette pile est évidemment égale à E. Nos pouvons poser par convention qu’une électrode inerte de s = 1 cm2 de surface est plongée dans une proportion de 1 cm3 de cet électrolyte dont la résistivité est r. La puissance maximale W de cette pile sera donc
W = k(E²/r) (9)
où k est une constante dont la valeur numérique vaut 1 cm2/cm, r est la résistivité. Si E est exprimé en millivolts et ? en ohm.cm, on obtient W en microwatts (µW). En fait cette constante est le rapport de surface s de l’électrode et la distance ℓ par courue par le courant à travers la pile :
k = s/ℓ
Le terme W exprime donc la vitesse maximale de dissipation d’énergie par une réaction chimique ou biochimique de transfert de charges dans le sens le plus large de ce terme, puisque le potentiel E dépend à la fois du pH et du rH2 du milieu.
En tenant compte des coordonnées bio-électroniques et du fait que k = 1 cm2/cm par convention, on peut calculer W à l’aide de la relation pratique :
W = A (rH2 - 2 pH)²/r 10)
où A est une constante dont la valeur numérique est de 875 à 25°C. La constante A augmente proportionnellement au carré de la température absolue :
A = (2,303 RT/2F)² = (2,303x8,314x298/2x96500)² = 8,75.10-4
il en résulte que A = 875, si W est exprimé en microwatts. A 37°C (ou 310 K), A = 946. Avant de comparer les valeurs de W publiées par diverses auteurs, il est donc souhaitable de les ramener par calcul à la même température.
La puissance W est donc d’autant plus élevée que le système est plus oxydant (rH2 élevé), plus acide (pH plus bas) et chargé en sels minéraux (r faible). Dans les systèmes vivants Q augmente proportionnellement à T2, ce qui quantifie l’impact de la fièvre sur les réactions rédox et acido-basiques. Dans ce cas, l’énergie chimique contenue dans les liquides du vivant est dissipée à une plus grande vitesse.
Etant donné que le terme r (la résistivité) apparaît dans l’expression de W, celle-ci caractérise non pas l’état d’équilibre thermodynamique, mais elle devient une variable mesurant un état de potentialité électrochimique de dissiper de l’énergie. Un différence de W entre deux milieux électrolytiques en contact devient un facteur cinétique d’apport énergétique nécessaire au maintien de la structure donnée qui pourrait être dissipative ou macroscopique.