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Il s’agit de la troisième génération des toilettes sèches, après les latrines malodorantes, polluantes, de nos grands-parents et les toilettes dites «scandinaves». C’est une nouvelle génération, car le principe de fonctionnement est radicalement différent de celles qui l’ont précédées. Dans les pays anglophones la TLB est mieux connue sous la dénomination "sawdust toilet". Malheureusement, cette dénomination est restrictive, car la sciure de bois n'est qu'une des possibilités pour la litière - et n'est même pas la meilleure! Les espérantophones ont une dénomination plus correcte: le "pajlaĝnecesejo", bien que je préfèrerais le nom de "pajlaĝejo". En Hongrie, elle porte le nom tout à fait correct de "alomszék" (ou siège à litière).
Une enquête a été menée en France afin de localiser les usagers des TLB. Plusieurs centaines de familles ont répondu au questionnaire par internet. En réalité, il y a bien plus de TLB en service en France. Pour voir les résultats de l'enquête, cliquer ici.
Après avoir modifié notre relation à nos déjections, nous pouvons envisager le passage à la TLB, ce qui a été fait par plus de 2.000 familles en Belgique, en France et dans d’autres pays (en novembre 2003). Une enquête [1] a révélé que ces familles ne veulent plus entendre parler du W-C à chasse et estiment disposer d’un confort tout à fait comparable à celui offert par un W-C classique. L’enquête a également mis en évidence le fait que l’usage de la TLB n’est pas l’apanage des marginaux qui «vivent à la campagne avec leurs chèvres», comme l’affirmait un haut fonctionnaire de l’administration wallonne. L’écrasante majorité des usagers possède un diplôme universitaire ou équivalent et habite dans des maisons familiales parfois luxueuses ou du moins très confortables.
Il n'est pas inutile d'ajouter que le principe de la toilette à litière s'applique également aux animaux. Les élevages sur litière biomaîtrisée sont bien au point et produisent de la viande de haute qualité. Grâce au compostage de la litière retirée de sous les animaux, la maîtrise de la pollution des eaux par le lisier est à notre portée. Faut-il convaincre les éleveurs du bien-fondé de cette démarche?
L’objectif est de reconduire nos déjections dans le cycle de formation de l’humus dans les meilleures conditions possibles. A cette fin, la première chose à faire est d’empêcher l’uréase – cet enzyme présent dans les déjections – de transformer l’azote organique précieux en ammoniac, inutilisable pour la synthèse de l’humus. Ce phénomène a été compris grâce à une observation de laboratoire [2] : la cellulose végétale inhibe les réactions enzymatiques qui minéralisent la matière organique des déjections. Or, ces réactions sont aussi à l’origine des odeurs désagréables. L’idée est donc immédiate: ajouter de la cellulose végétale à nos déjections pour bloquer les réactions enzymatiques, ce qui, par la même occasion, empêche le dégagement des odeurs. Une des conséquences de cette adjonction est l’augmentation du rapport carbone/azote de nos déjections qui, de ce fait, sont prêtes pour un compostage aérobie en plein air [3] . Un détail important : le blocage des réactions enzymatiques n’a lieu qu’en milieu humide, donc en présence d’urine. C’est la raison pour laquelle on ne peut, en aucune manière, séparer l’urine et la matière fécale. De plus, afin d’empêcher le démarrage de la minéralisation de l’azote, l’adjonction de la cellulose végétale (la litière utilisée ) doit intervenir directement après la production de la déjection.
Contrairement aux toilettes sèches du commerce, après la modification de notre vision des déjections, on ne s’efforcera plus d’imiter le W-C à chasse. Ce n’est plus une nécessité. Au contraire, la TLB devient un joli meuble dont le style est assorti au style du mobilier de l’habitation.
Pour voir les TLB installées dans un centre de stages en Belgique cliquer ici . Le principe de fonctionnement peut même servir à installer un urinoir à litière .
Sur le plan technique, c’est la simplicité qui domine. La TLB est un seau placé dans un meuble qui peut nous rappeler la chaise percée. Détail intéressant: la jupe de protection motée sur le couvercle. Pour les amoureux du confort absolu, on peut même y mettre des accoudoirs et un dossier capitonné. Il ne faut prévoir ni arrivée d’eau (sauf pour le lave-mains), ni tuyau d’évacuation, ni ventilation forcée. La TLB se place à l’intérieur de la maison dans la pièce prévue pour le W-C ou dans la salle de bains. Pour augmenter le confort de leurs habitations, certains placent une TLB dans chaque chambre d’amis, derrière un paravent. Elle a également sa place dans la chambre d’un malade.
Pour autant qu’on se conforme aux recommandations , l’usage d’une TLB ne génère pas plus d’odeur qu’un W-C classique.
Toute matière végétale sèche convient pour la litière. En Belgique, on peut se la procurer déjà prête aux Etablissements Samain (41, rue du Palais, B-7760, TOTTES, tél.: 069/45.48.27). On peut également utiliser de la sciure et des copeaux d’un atelier de menuiserie, en veillant cependant à ne pas utiliser du bois exotique car il dégage une forte odeur.
Enfin, on peut faire soi-même sa propre litière, pourvu qu’on ait un broyeur à végétaux . Des feuilles mortes , bois d’élagage, tiges de plantes ligneuses comme le tournesol, le poivron, le lavandin, etc., constitueront une excellente litière.
Le carton broyé et la tonte de gazon séchée peuvent également servir. Cependant, il est préférable de prévoir un endroit abrité pour stocker la litière, surtout quand on la fait soi-même. Pour voir le bac à litière , cliquer ici.
La TLB ne bénéficie pas de promotion commerciale. Le principe est de mettre à la disposition de tous une toilette vraiment respectueuse de l’environnement. Elle peut évidemment être fabriquée, suivant nos plans par tous ceux qui en sentent la vocation. Je n’ai que trois souhaits à ce sujet:
· Lors de la promotion commerciale, faire référence à mes travaux.
· Avec l’accord des acheteurs, me communiquer les coordonnées des personnes qui l’utilisent.
· Demander aux utilisateurs de me communiquer leurs impression et leurs expériences.
Ces deux derniers souhaits visent à améliorer le système et à pouvoir guider les candidats utilisateurs par des visites d’installations en service.
Vous pouvez construire votre TLB suivant les plans joints. Pour cela, cliquer sur "contruire sa toilette à litière biomaîtrisée" à la page. Toutefois, si vous n'êtes pas bricoleur(euse), des TLB sont actuellement disponibles sur le marché. Pour plus de renseignements, se porter à la page de "mode d'enmploi". Vous pouvez également consulter le site: www.salubrem.com .
Une solution élégante - réalisée entre autres - par l'assiciation Atelier-Nautre consiste à placer un seau hygiénique dans une chaise. Solution bon marché, efficace et bien présentable.
On a, heureusement quelques expériences faites dans les pays tropicaux concernant l'usage des TLB. Moyennant quelqes précautions, la TLB peut aussi être utilisé sous les tropiques.
L'augmentation de la température semble raccourcir le temps d'action de la litière pour la maîtrise des odeurs. Jusqu'à 25 degrés centigrades, on n'a relevé aucun problème. Au-dessus de cette température, après quelques heures, la toilette commence à sentir l'ammoniac. L'odeur est d'abord faible, mais se développe après une journée de chaleur. Au-desus de 30 degrés (bien entendu à l'intérieur de l'habitation), il vaut mieux placer la TLB dans une cabane bien ventilée, séparée de l'habitation.
Si, à tout prix, on souhaite utiliser la TLB à l'intérieur de l'habitation, ilfaut obligatoirement un seau en acier inoxydable ou en tôle émaillée . Le seau en plastique ne convient pas.
Le seau doit être vidé deux fois par jour. Après chaque usage, on veillera à humidifier la litière qui couvre les déjections. A ce sujet, lire aussi le mode d'emploide la TLB. Comme litière, il vaut mieux en avoir une qui soit bien absorbante. La sciure de bois donne de bon résultats. Attention, la sciure et les copeaux de certains bois tropicaux dégagent une odeur désagréable lorsqu'on les mouille. En Afrique, on utilise aussi, comme litière, du carton d'emballage (déchet) humidifié et déchiqueté en petit morceaux. Les colorants d'imprimerie se dégradent intégralement pendant le compostage, sans résidus.Les hautes herbes hachées donnent de moins bon résultat. Si la litière est légèrement humide, la maîtrise des odeurs en est facilitée.
En milieu tropical, le compostage se fait plus rapidement qu'en Europe. Après 3 à 4 mois, on peut déjà vider le carré à compost pour entamer la seconde phase du compostage. Lire à ce sujet la page consacrée au compostage des déjections.
Pour un usage collectif, la TLB convient parfaitement. Il y a cependant quelques précautions à prendre afin d'éviter des échecs éventuels. Une telle installation demande une surveillance accrue par rapport à celle d'un W-C à chasse d'eau. La présence d'une personne est donc indispensable pour assurer l'approvisionnement en litière, en papier de toilette, mais aussi pour changer à temps les cuves remplies. A cette fin, pour chaque toilette on prévoir 2 ou 3 cuves (seaux) pour se donner du temps pour les vidanges. Celui-ci peut se faire notamment dans un conteneur à évacuer. On peut également envisager le placement des urionoirs à litière.
Actuellement, il y a plusieurs entreprises qui vendent ou louent des TLB pour chantiers, pour des festivales ou d'autres manifestations publiques. Parmi ces entreprises, nous pouvons citer:
http://www.toiletteacompost.org/
La fabrication d’une TLB est à la portée
d’un bricoleur moyen.
A cette fin, consulter la page Construire
sa TLB.
Pour voir le résultat final, cliquer
ici.
Pour l'achat d'une TLB ou celui d'un seau, cliquer ici.
Pour la suite, passer à la page Mode d’emploi TLB
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Un témoignage intéressant concernant l'usage d'une toilette à litière biomaîtrisée se trouve sur le site de Blogodon.
Pour compléter votre information, visitez
le site : http://www.eco-bio.info/ouaterre.html
[1] Christine ROUSSEAU, Toilette à litière biomaîtrisée: psychologie et motivation. Mémoire de fin d’études, Inst. d’Enseign. de Promotion Soc. de la Comm. Française de Peruwelz 1996.
[2] Réf.: NIMENYA H., et coll., Ann. Méd. Vét., vol. 143, pp. 409-414 (1999)
[3] Le rapport C/N de nos déjections est de l’ordre de 7, tandis que celui des végétaux est de 200 à 300. Pour démarrer le compostage, le C/N doit être de l’ordre de 60. La réunion de l’azote animal (déjections) avec le carbone végétal (la litière ajoutée) crée la condition idéale pour la formation de l’humus, sans dégagement d’odeurs.