EAUTARCIE Français | Magyar | Esperanto | English 

 

Accueil | Sommaire | Introduction | Les lois et l’environnement | La valorisation de l’eau de pluie | L’épuration des eaux usées domestiques | Toilettes sèches

EAUTARCIE dans les pays en voie de développement

La récupératuion de l'eau de pluie

Lorsqu'il n'y a pas de courant dans l'habitation

On me pose souvent la question de savoir si le système PLUVALOR peut être installé dans les villages isolées des pays en voie de développement où il n'y a pas de réseau de courant électrique.

Dans ce cas, vous ne pouvez évidemment pas mettre l'eau dans une canalisation sous pression. Il n'en est pas moins vrai, que l'eau de pluie constitue même ici, un facteur de confort dans l'habitation. En milieu tropical, l'eau de pluie stockée dans une citerne enterrée en béton ou en maçonnerie se conserve dans un état impeccable. Le problème est d'en disposer toute l'année, même pendant la saison sèche. Plus cette saison est prolongée, plus il faut augmenter la capacité de la citerne. 

Le calcul de la capacité de la citerne

Ce calcul est est simple. On multiplie la superficie au sol du toit de captage (exprimée en m²) par la pluviosité moyenne annuelle du lieu (exprimé en mètre). On obtient de la sorte le volume (exprimé en m³) d'eau théoriquement récupérable par an.

On fait l'hypothèse d'une consommation régulière pendant toute l'année. On divise donc le volume obtenu par 12, pour obtenir la quantité d'eau disponible chaque mois. La capacité de la citerne sera ce volume mensuel, multiplié par la durée de la saison sèche exprimée en mois.

Matériaux pour le toit et les gouttières

La tôle ondulée en fer galvanisé ou en plastique convient parfaitement pour la récupération de l'eau de pluie. Les toits classiques en tuiles également. Le toit en chaume, en paille, en bois, en feuilles ne conviennent pas. Pour les gouttières, on peut utiliser le fer galvanisé, le zinc, le plastque ou la terre cuite (de préférence émaillée). A la limite, on peut utiliser du bambou ou du bois, mais dans ce cas, il faut veiller à ce que l'eau ne puisse jamais stagner dans les gouttières.

Puiser l'eau dans la citerne

Lorsqu'il n'y a pas de courant électrique, la solution triviale consiste à aménager une trappe légère pour accéder facilement à la citerne. Par cette trappe, à l'aide d'une corde, on descendra un seau pour y puiser l'eau. On stockera l'eau dans la maison, de préférence, dans des grandes jarres en terre cuite, dont uniquement l'intérieur est émaillé. Pour conserver la fraîcheur, on muillera de temps à autre l'extérieur non émaillé de la jarre. 

On peut aussi installer une pompe manuelle ou une petite pompe actionnée avec du courant venant d'un panneau photovoltaïque.

Pour l'hygiène personnelle, on installera un fût métallique ou en plastique peint en noir de 50 à 200 litres au sommet d'une sorte de tourelle pour être exposé au soleil. Au bout de quelques heures l'eau y est chaude et peut alimenter un robinet ou même une douche. Cette installation sera évidemment alimenté, de préférence avec d'autre source que l'eau de pluie. Pour l'hygiène personnelle, il ne faut pas nécessairement de l'eau de pluie de haute qualité. L'eau de moindre qualité suffit. 

Toutefois, si l'on dispose d'un toit suffisamment grand, on peut évidemment envisager la production d'eau chaude sanitaire au départ de la citerne.

La production d'eau potable

C'est sans aucun doute l'intérêt majeur du système PLUVALOR, surtout dans les pays où l'eau potable de bonne qualité est inaccessible ou rare. On réservera donc en priorité l'eau de pluie pour la production d'eau potable. Pour les autres usages on aura recours à d'autres sources d'approvisionnement.

On produira donc obligatoirement l'eau potable au départ de la citerne, à l'aide d'un système de micro-filtration par gravité. De tels systèmes, fonctionnant par gravité ou à l'aide d'une petite pompe manuelle, sont vendus depuis longtemps dans le commerce spécialisé. Il s'agit d'un réservoir d'une dizaine de litres muni de couvercle, dont le fond supporte les cartouches de filtres céramiques. A travers ces filtres, l'eau filtrée coule goutte-à-goutte dans un récipient placé en-dessous où elle s'accumulera dans un réservoir muni d'un robinet.

L'installation des petites citernes à eau de pluie qui ne servent que pour la production d'eau potable, avec systèmes domestiques de filtration sur céramique est la solution de loin la moins onéreuse pour donner à boire à tous, de l'eau de haute qualité et cela, partout dans le monde.

Dans le cadre des programmes de développement rural, on peut parfaitement financer l'achat groupé de systèmes domestiques de micro-filtration sur céramique, revendus à la population pour un prix accessible.

Une autre option consiste à financer la mise en place d'une industrie locale pour la fabrication de filtres céramiques. Cette technologie, relativement simple, peut être maîtrisée et simplifiée par les artisans locaux de fabrication de poteries. Quelques usines, installés en Afrique par exemple, pourrait couvrir le marché pour tout un continent.

L'importance de l'éducation de la population

La production d'eau potable de qualité dans les pays en voie de développement est une priorité. Grâce à l'eau de pluie, avec des investissements vraiment modestes, tout le monde, sans exception pourrait en disposer facilement. Pour les autres usages, l'eau de moindre qualité (rivière, source, puits) suffit.

Récupérer l'eau de pluie n'est, en général, pas dans les traditions ou les coutumes des populations intéressées. L'usage du système, tout en étant simple, demande un certain apprentissage. 

La filtration de l'eau de pluie pour faire de l'eau potable dans l'habitation est relativement simple à apprendre. On verse l'eau de la citerne dans le réseroir supérieur et on récupère l'eau filtrée dans le réservoir inférieur. Quand, au bout de quelques heures, il n'y a pas assez d'eau filtrée, il est temps de nettoyer les cartouches de céramique. Ceci se fait dans un seau d'eau non potable, avec une brosse à ongles propre, réservée à cet usage. 

La plus difficile à apprendre est le fait que l'eau de pluie, tout en étant renouvelable, est une ressource limitée dont il faut user avec parcimonie. Pour ne pas vider trop rapidement la citerne, il y a un apprentissage de gestion responsable. Le meilleur moyen est de faire prendre conscience de la quantité d'eau disponible tous les jours. En cas de production d'eau potable uniquement, pour une famille, celle-ci peut être un seau de 10 litres ou deux ou trois... suivant le cas.